Prime CEE outre-mer : pourquoi le volume de certificats y est multiplié par deux
Mis à jour en août 2026
Ce n'est ni une faveur ni une promesse commerciale : c'est une règle de calcul inscrite dans un arrêté. Un séchoir solaire installé en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion, à Mayotte ou en Corse génère deux fois plus de certificats que la même installation en métropole continentale. Cette page explique le mécanisme, donne le texte, et renvoie vers chaque territoire.
Le volume de certificats délivrés pour une opération réalisée en zone non interconnectée est multiplié par 2 (article 4 de l'arrêté du 29 décembre 2014 modifié).
Toutes ces zones relèvent de la zone climatique H3, la mieux dotée du barème AGRI-EQ-110.
Cumul des deux : 111 400 kWh cumac par kW en filière agricole, 268 200 en filière forestière.
La notion
Ce qu'est une zone non interconnectée, et pourquoi cela change tout
Une zone non interconnectée, souvent abrégée ZNI, est un territoire qui n'est pas raccordé au réseau électrique métropolitain continental de transport. Concrètement, l'électricité y est produite sur place, dans des installations de taille modeste et souvent thermiques, complétées selon les territoires par de l'hydraulique, de la géothermie, de la biomasse ou du photovoltaïque.
Cette configuration a une conséquence économique directe : le coût de production d'un kilowattheure y est nettement supérieur à la moyenne continentale, et son contenu en émissions l'est souvent aussi. Un kilowattheure économisé en ZNI évite donc une production plus chère et plus émettrice qu'ailleurs. Il vaut davantage, non pas pour celui qui l'économise, mais pour la collectivité qui finance l'écart.
Le dispositif des certificats d'économies d'énergie tire la conséquence de ce raisonnement. Plutôt que de traiter tous les territoires à l'identique, il attribue aux opérations réalisées en ZNI un volume de certificats doublé. Ce n'est pas une aide supplémentaire qui s'ajouterait : c'est le même mécanisme, appliqué avec un coefficient différent.
Le texte
La règle, telle qu'elle est écrite
Le fondement est l'article 4 de l'arrêté du 29 décembre 2014 relatif aux modalités d'application du dispositif des certificats d'économies d'énergie, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 8 septembre 2025 : le volume des certificats délivrés pour les actions réalisées dans les zones non interconnectées au réseau métropolitain continental de transport d'électricité est multiplié par 2.
Le texte prévoit une exception unique, la fiche vélos-cargos TRA-EQ-131, sans aucun rapport avec le séchage. La fiche AGRI-EQ-110, qui finance le séchage solaire par insufflation des produits et co-produits agricoles et forestiers, bénéficie donc pleinement du doublement.
📄 Le réflexe utile : quel que soit votre interlocuteur, nous compris, demandez le lien vers le texte invoqué. Un coefficient qui ne se rattache à aucun article publié n'existe pas. La méthode de vérification, en trois minutes, est décrite sur la page vérifier une fiche CEE.
Le calcul
Deux avantages qui se cumulent : la zone climatique et le doublement
Le barème de la fiche AGRI-EQ-110 ne dépend pas du territoire mais de deux critères : la zone climatique, H1, H2 ou H3, et la nature du produit séché, agricole ou forestier. Or l'ensemble des zones non interconnectées françaises relève de la zone H3, la mieux dotée des trois.
Situation
Produits agricoles
Produits forestiers
Métropole continentale, zone H1
42 700
102 600
Métropole continentale, zone H2
48 500
116 600
Zone H3, sans doublement
55 700
134 100
Zone non interconnectée (H3 × 2)
111 400
268 200
Barème « système complet neuf de séchage » en basse température (25 à 40 °C), en kWh cumac par kW thermique installé. Source : fiche AGRI-EQ-110, version A38.1. Durée de vie conventionnelle : 15 ans.
La lecture du tableau tient en une phrase : un séchoir installé en outre-mer sur une filière forestière génère plus de six fois le volume de certificats du même équipement installé dans le nord de la France sur une filière agricole. Le montant en euros dépend ensuite du cours du certificat et du dimensionnement réel, et il est confirmé lors de l'étude, sous conditions d'éligibilité. Les coefficients complets et la formule officielle figurent sur la page chiffres clés du barème.
Les territoires
Où le doublement s'applique
Les départements et collectivités d'outre-mer ainsi que la Corse relèvent de cette situation, de même que plusieurs petites îles non raccordées au réseau continental. Chaque territoire a ses productions, son climat et ses contraintes logistiques propres : les pages ci-dessous entrent dans ce détail.
En Corse, le sujet est décliné par activité : agriculture, fourrage et élevage, scierie et bois. Si votre territoire n'est pas listé et que votre réseau électrique n'est pas raccordé au continent, la question mérite d'être posée : l'éligibilité se vérifie au cas par cas lors de l'étude.
Le point qui change le montant
Agricole ou forestier : la distinction qui pèse le plus lourd
Beaucoup de porteurs de projet raisonnent d'abord en territoire, puis en climat. Le tableau plus haut montre que le critère le plus déterminant est ailleurs : c'est la nature du produit séché, qui fait varier le barème d'un facteur d'environ 2,4 à zone identique.
Sont considérés comme produits forestiers les sciages et bois d'œuvre, le bois de chauffage, les plaquettes forestières et les connexes de scierie. Sont considérés comme produits agricoles le fourrage, les céréales, les fruits, les plantes à parfum, aromatiques et médicinales, et l'ensemble des productions végétales.
Une exploitation qui valorise les deux, ce qui est fréquent outre-mer où la ressource forestière côtoie les cultures, a intérêt à ce que cette répartition soit posée précisément dès l'étude. Le sujet est développé sur la page séchoir solaire en scierie, et son cas extrême, le cumul filière forestière et doublement insulaire, sur la page séchage du bois en Corse.
Concrètement
Un projet ultramarin se planifie, il ne s'improvise pas
Le dispositif administratif est identique à celui du continent : étude de dimensionnement, devis sous 72 h, installation par des professionnels, puis contrôle par un organisme accrédité COFRAC avant versement de la prime. Le parcours est décrit pas à pas sur la page la prime CEE pas à pas.
Ce qui change tient à la distance. L'acheminement du matériel se fait par voie maritime, avec des délais qui ne se rattrapent pas ; les équipes de pose interviennent sur une fenêtre de déplacement qu'il faut caler ; et les conditions climatiques locales, saison des pluies ou saison cyclonique selon les territoires, contraignent le calendrier de chantier.
L'étude se mène à distance, sur documents et photos, sans déplacement préalable.
La logistique est intégrée au projet dès le chiffrage, pas découverte en cours de route.
L'installation se pose sur un bâtiment existant : hangar, séchoir, atelier. Aucune construction neuve n'est nécessaire, et les critères à vérifier figurent sur la page hangar de séchage solaire.
La supervision est à distance après mise en service : pilotage depuis un téléphone, diagnostic sans traverser l'océan.
Questions fréquentes
Prime CEE outre-mer : vos questions
Qu'est-ce qu'une zone non interconnectée ?
C'est un territoire qui n'est pas raccordé au réseau électrique métropolitain continental de transport. Son électricité y est produite localement, souvent à partir de moyens thermiques coûteux. Les départements et collectivités d'outre-mer ainsi que la Corse relèvent de cette situation, de même que plusieurs petites îles non raccordées.
Pourquoi le volume de certificats y est-il doublé ?
Parce qu'un kilowattheure économisé y a plus de valeur pour la collectivité : il évite une production locale plus coûteuse et plus émettrice que la moyenne continentale. L'article 4 de l'arrêté du 29 décembre 2014 modifié prévoit donc que le volume des certificats délivrés pour les actions réalisées en zone non interconnectée est multiplié par 2.
Le doublement s'applique-t-il à toutes les opérations ?
Il s'applique de façon générale aux opérations réalisées en zone non interconnectée, avec une exception unique prévue par le texte, la fiche vélos-cargos TRA-EQ-131, sans rapport avec le séchage. La fiche AGRI-EQ-110, qui finance le séchage solaire par insufflation, en bénéficie donc pleinement.
Combien cela représente-t-il pour un séchoir solaire ?
Toutes les zones non interconnectées françaises relèvent de la zone climatique H3, la mieux dotée. Le barème y est de 55 700 kWh cumac par kW thermique pour les produits agricoles et de 134 100 pour les produits forestiers. Avec le doublement, cela donne respectivement 111 400 et 268 200 kWh cumac par kW installé. Le montant en euros dépend du cours du certificat et du dimensionnement, et il est confirmé lors de l'étude.
L'installation est-elle plus compliquée outre-mer ?
Elle demande d'anticiper ce que la métropole continentale ignore : acheminement maritime du matériel, délais logistiques, coordination des équipes de pose sur une fenêtre de déplacement. Ces éléments entrent dans le calendrier dès l'étude, qui se mène à distance sur documents et photos. Après mise en service, la supervision se fait également à distance.
La preuve en images
Voyez le séchoir fonctionner avant de demander votre étude
Séchoir solaire : comment ça marche (même la nuit et l'hiver)Pour aller plus loin
Le détail des coefficients et la formule de calcul figurent sur la page chiffres clés, le cumul avec les autres dispositifs sur la page cumul des aides, et le fonctionnement technique du procédé sur la page séchage solaire par insufflation.
Trente secondes pour une première enveloppe, une étude personnalisée pour un chiffrage ferme, doublement compris.
Une question sur votre territoire ? Posez-la sur WhatsApp. Réponse rapide, sans engagement.
Les séchoirs solaires présentés sur ce site sont dimensionnés, intégrés et financés via la fiche CEE AGRI-EQ-110 par MAYA SUN ENERGY (marque Accompagnement Transition énergétique), intégrateur français immatriculé au RCS de Paris sous le SIREN 981 562 127 : pré-étude par bureau d'études, matériel fabriqué en France et contrôle systématique par un organisme accrédité COFRAC avant versement de la prime.